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     Pour avoir visité le 360 et le Dôme de la Grand'Place, je peux vous dire que les installations proposées au Garage, bvd Poincaré, sont, à mon sens, les plus surprenantes !

     

    C'est en toute subjectivité que j'ai choisi de vous parler des deux oeuvres qui y sont présentées.

     

     Zee, de Kurt Hentschläger

    Cette installation consiste à faire entrer les visiteurs dans une pièce remplie d'un brouillard extrêmement épais, où l'on ne voit pas plus loin que le bout de son nez, littéralement. Vous pouvez avancer et vous guider grâce à une corde à hauteur de main qui fait le tour dans la pièce. A cause de ce brouillard, vous ne voyez pas l'environnement qui vous entoure, vous ne voyez pas les autres personnes à moins d'en être très proche, vous ne voyez pas non plus le sol, le plafond ni les murs. Vous êtes donc totalement envahis par la lumière de la pièce : lumière stroboscopique et pulsée, qui vous amène alors à "voir" des formes colorées aléatoires , un peu comme quand on appuie sur ses yeux.

    Par cette installation, l'artiste veut explorer la perception humaine. En effet, vous perdez tous vos repères visuels et votre cerveau est confronté à de nouvelles visions assez déconcertantes. Difficile de savoir sr le moment si ce que vous voyez est la lumière directement perçue ou si votre cerveau interprète ces signaux lumineux.

    Mon impression est assez mitigée, concernant cette oeuvre.

    Je trouve que c'est l'une des installations les plus poussées dans "l'expérience", l'une de celles qui vous rendent le plus acteur, finalement. L'idée de remettre en question nos perceptions et de créer chez le visiteur des images subjectives est quelque chose que je trouve vraiment intéressant. C'est fascinant de se dire que notre voisin ne perçoit peut-être pas la même chose ! 

    Toutefois, je n'ai pu rester dans la pièce que quelques secondes car j'ai vraiment été dérangée physiquement, et psychologiquement, par cette oeuvre. Je pense que cela a dû arriver à d'autres personnes aussi.

    Quand vous arrivez devant la porte de l'installation, on vous fait lire un long texte sur les risques liés à l'épilepsie, on vous fait signer une décharge avant d'entrer : rien de très rassurant. Vous devez ensuite passer dans un sas. A l'intérieur, vous êtes obligés de respirer par le nez, sinon la fumée vous fait tousser. Quant aux impressions visuelles, elles sont assez surprenantes et peuvent ressembler à celles que certaines personnes ressentent quand elles perdent connaissance lors d'un malaise vagal. C'est du moins le cas pour moi, vous savez, ça m'a fait ces petites étoiles et ces couleurs qui nous font comprendre qu'on va tomber dans les pommes. Je me suis donc sentie très mal à l'aise. J'aurais apprécié qu'un siège soit présent, cela m'aurait peut-être permis de profiter de l'expérience en étant assise et en décentrant mon attention de ces gênes physiques.


    Ondulation, Thomas McIntosh, avec Emmanuel Madan et Miko Hynninen

    Vous êtes, pour le coup, installés calmement sur un banc. Face à vous, un grand bloc blanc assez bas recouvre une bonne partie du sol, et un écran est éclairé sur le mur. On comprend très vite que sous cette grande table blanche résonnent des enceintes qui en font vibrer la surface. Celle-ci étant recouverte d'eau, des ondulations sont générées et reproduites en plus grand et en coloré sur l'écran, grâce à un projecteur.

    Des sons résonnent, accompagnés du bruit de l'eau qui coule et d'ondulations magnifiques sur l'écran. Il en résulte une sensation d'apaisement, de détente, et l'envie de rester là des heures à contempler l'écran !

    Cette oeuvre est celle qui me plaît le plus, de toutes celles que j'ai pu voir sur les différents sites. Elle est à mon sens celle qui correspond le mieux à cet intitulé "Matière-Lumière". Je n'en dis pas plus...

    A voir, vraiment !

     

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  • Le centre-ville a été particulièrement marqué par cette tendance architecturale des années 1920. L'expliquer est relativement simple : un grand nombre de bâtiments ont été détruits lors de la Première Guerre mondiale et la reconstruction s'est faite en pleine période Art Déco - sans que ne soit pour autant totalement délaissée l'architecture flammande, comme en témoignent les façades à pas de moineaux .

    Si vous en avez l'occasion, prenez le temps  d'observer chaque façade de la Grand' Place... Je trouve qu'elles sont d'un grand optimisme, ou du moins qu'elles témoignent de l'envie de ne plus jamais vivre l'horreur de la guerre.

    façade 1

    façade 2

    façades

    façade pace feli

    ("PACE  FELIX" -> Paix et joie )

    façade

    mosaïque

    façade du kerry yob

    On remarque sur de nombreuses façades l'inscription de la date de reconstruction, généralement il s'agit de la décennie 1920.

    Le style Art Déco privilégie les formes géométriques, les mosaïques, mais aussi les représentations de la faune et la flore.

    Par ailleurs, j'ai remarqué la représentation fréquente de coquillages sur des maisons des mêmes années. Vous pouvez en voir un sur la première photo, ci-dessus, ainsi que sur cette autre façade de la Grand'Place :

    façade

    ainsi que sur le bâtiment à l'angle de la rue d'Arras et de la rue Grosse tête, lequel abrite Okaïdi et Arc en Ciel Immobilier :

    façade

    façade

    Je me suis demandée quelle signification cela pouvait bien avoir, difficile d'en retirer une symbolique particulière.

    Serait-ce, comme me l'a suggéré A. Willay, archiviste à la mairie, un hommage à la ville de Berck-sur-Mer, qui a accueilli en 1918 une séance du conseil municipal béthunois ? Difficile de le savoir.

    Si toutefois vous avez une piste d'interprétation, n'hésitez pas à m'en parler !

    Pour finir, une photo de l'Office de Tourisme, récemment "relooké" dans le style Art Déco :

    façade


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  • affiche expo 360

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'expo Matière-Lumière fait du bruit ! Avant même son ouverture, les médiateurs expliquaient à la presse qu'ils savaient que certaines oeuvres ne toucheraient pas tout le monde et que beaucoup d'entre elles nécessitaient des explications pour être appréhendées.

    Depuis l'ouverture, samedi 2 avril, les articles se multiplient et dressent un premier bilan : les oeuvres suscitent de nombreuses réactions chez les visiteurs et laissent parfois sans voix.

    A priori, telle fut aussi mon impression lors de ma visite du 360. Des oeuvres étranges, angoissantes parfois : de l'art contemporain. On aime ou on n'aime pas, mais personne n'est indifférent.

     Je vous propose de découvrir quelques oeuvre et de vivre de deux façons différentes l'exposition.

    Impressions

    Il est intéressant d'appréhender une première fois les installations sans avoir lu le fascicule : on ressent alors des émotions "brutes", on est confronté à une impression vierge de toute influence, à un effet direct de l'art sur notre sensibilité.

     (1)

    damastes

    damastes    damastes

    (2)

    mom

     (3)

    lit

    lit lit

     (4)

    voiture et squelette

     

    Ces quelques photos vous donnent une idée du type d'oeuvres que l'on peut voir au fil de l'exposition. Elles vous font peut-être penser à des choses diverses, elles créent peut-être une émotion chez vous par la lumière qui s'en dégage, ce qu'elles représentent, par leurs couleurs...

    C'est le parti pris par les organisateurs que de laisser la possibilité aux visiteurs d'aborder les oeuvres librement, directement, sans explication.

    La démarche des artistes

    Une deuxième façon de vivre l'expo est de regarder les oeuvres en tentant de comprendre les démarches qui les ont générées. Voici donc, d'après le fascicule distribué au 360, comment "lire" les oeuvres présentées ci-dessus.

    voiture et squelette(1) Le chemin de Damastes

    Evocation du mythe  de Damastès, personnage antique qui possédait un lit où il forçait les voyageurs à s'allonger. Il ajustait la taille des membres au lit en coupant les jambes des plus grands et en étirant celles des plus petits.

    Cette oeuvre m'a fait l'effet d'une salle de torture ou d'expérimentations digne d'un film de science-fiction. L'odeur des feuilles évoque la décomposition, et les lits (en mouvement synchronisé) donnent l'impression d'une présence invisible.

     


    mom(2) M.O.M., Miroir à orientation multiple

    Hommage d'un artiste à sa mère au travers d'un portrait composé de 5000 miroirs orientés de façon à refléter une nuance du mur qui leur fait face. Le portrait n'est ainsi perceptible que sous un certain angle.

    Pour moi, une "anti-joconde" : la Joconde nous regarde quel que soit le lieu où l'on se trouve, ce portrait n'est quant à lui "regardable" que d'un point de vue.

    lit

    (3) Réincarnation

    Un lit entouré de bandages et éclairé de faisceaux laser rouges. La fumée donne l'impression que quelqu'un s'y est allongé il y a peu alors qu'un halo s'élève vers le plafond. Une démarche qui se veut poétique et spirituelle en amenant les gens à s'interroger sur la condition humaine.

    L'une des oeuvres les plus jolies de l'expo selon moi. On a vraiment l'impression que quelqu'un vient de "s'évaporer", de s'élever, alors que le lit est "baigné" dans une lumière rouge qui, on ne saurait choisir, évoque tantôt le sang, tantôt la rêverie.

     

    voiture(4) Amber

    Voiture lumineuse futuriste dont l'habitacle ressemble à un squelette. "Amber" évoque l'ambre, résine où furent conservés les insecte préhistoriques.

    Un très bel objet à voir, qui fait penser à un lien entre humain et technologie, qui donne l'impression d'un corps d'une époque indéterminée fossilisé dans cette voiture.


    Ces oeuvres sont celles qui m'ont le plus parlé. D'autres m'ont semblé plus obscures, m'ont laissée assez insensible. Dans tous les cas, je pense que l'art contemporain est là pour questionner, voire déranger parfois. Il peut susciter des émotions étranges chez celui qui l'aborde directement et peut se révéler tout à fait différent une fois la démarche de l'artiste expliquée. 

    Cette exposition rend un certain nombre de gens perplexes, je pense que sa réception dépend avant tout de la sensibilité que l'on éprouve envers cette forme d'art, mais aussi de l'état d'esprit du visiteur qui choisit de s'y rendre. L'art en général nécessite également une démarche de spectateur, qui va plus loin qu'une attitude de critique "par principe"...


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  • On se la raconte, l'Histoire, en visitant Béthune.

    beffroi grand place béthune

     

    Marcher sur la Grand'Place, c'est se replonger dans le passé à chaque façade observée. En son centre trône fièrement le Beffroi.  D'abord construit en bois, au XIVème siècle, et reconstruit quelques années plus tard en grès, il est le symbole de la ville s'il en est :

    • un point culminant qui domine les alentours alors que Béthune fut au fil des siècles et des guerres une ville stratégique, à la porte de la Flandre, 
    • un monument qui témoigne de l'importance commerciale de Béthune dans l'Histoire, de ses bourgeois  (des halles se trouvaient à côté du beffroi encore au XVIIème siècle),
    • un momument typique de l'architecture et de l'histoire régionale.

     

    Tout autour de la place, les façades des maisons et de l'Hôtel de ville témoignent elles aussi du passé, entre architecture flamande, pignons à "pas-de-moineaux", architecture art déco... Si vous regardez bien, les années de construction apparaissent sur certaines batisses : souvent datées des années 20, elles symbolisent la reconstrustion post- 1ère Guerre Mondiale.

    grand place béthune

    hotel de ville béthune

    grand place béthune

    grand place béthune


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